Nombre total de pages vues

lundi 17 novembre 2014

SWAMP BLUES n° 2



SWAMP BLUES Volume 2



            Comme nous l'avons déjà dit, le Swamp blues est largement l'oeuvre du producteur J.D. Miller.
            Né à Iota (La) le 5 mai 1922, J.D. Miller est très jeune un fan de Gene Autry et ses parents lui achètent un petit modèle de guitare à l'effigie de son idole lorsqu'il a huit ans. La famille Miller s'installe à Lake Charles en 1933. Très vite, le petit J.D. devient un guitariste renommé. Il anime une émission régulière de radio en 1937, chantant et jouant de la guitare entre deux présentations publicitaires. Peu de temps après, J.D. Miller s'installe à Crowley capitale du riz en Louisiane. J.D. participe alors à plusieurs orchestres locaux: les Four Aces de son ami Happy Fats, les Hackberry Ramblers, les Riverside Ramblers... Il enregistre avec les Four Aces pour Bluebird, fonde avec les frères Breaux les Musical Aces. Sa rencontre au début des années 40 avec les chefs d'orchestre Bob Wills et Cliff Bruner est déterminante. Il gardera toujours une admiration sans bornes pour eux et un goût considérable pour le Western Swing, son feeling, sa spontanéité, son invention. En même temps, il poursuit des études d'électricien, métier qui semble pouvoir lui servir dans la musique, sa véritable passion.
            Mais les temps vont changer pour l'Amérique. Miller part à la guerre plusieurs années, revient avec un petit pactole en " obligations de guerre ". Il se marie avec Georgia Sonnier, la fille du célèbre accordéoniste cajun Lee Sonnier. En combinant sa paie de guerre et la dot de sa femme, J.D. ouvre une petite boutique d'électricité, la M & S (Miller & Sonnier) Electric C° sur North Parkerson à Crowley qui deviendront aussi ses studios d'enregistrement.
            Ce nouveau volume de Swamp blues comprend la totalité des enregistrements de Jimmy Anderson. Né le 21 novembre 1934 à Woodville
près de Natchez (Ms), Jimmy Anderson a fréquenté son compatriote Papa Lightfoot avec lequel il a appris à jouer de l'harmonica. Mais ce sont les disques de Jimmy Reed qui vont façonner son style de blues. Venu travailler à Baton Rouge, Anderson forme un blues band (les Joy Jumpers qui comprennent le fils de Silas Hogan, Oscar Hogan) et joue dans les bars locaux. C'est Hogan qui emmène Anderson à Crowley, le présente à Miller qui lui fait faire ses débuts discographiques en 1962. Jimmy obtient de petits succès locaux avec Naggin' ou Going Crazy over TV. Mais la décennie des 60's voit la défaveur du blues parmi les acheteurs noirs américains et Anderson abandonne la musique et prend un emploi de policier municipal dans sa ville natale de Natchez. Cependant le démon de la musique le taraude et dès 1973, il anime une émission régulière de radio sur WNAT ainsi que des soirées en clubs sous le surnom de Soul Man Lee. Redécouvert en 1991, il participe à une tournée internationale d'anciennes gloires du Swamp Sound (blues, rock et pop) mise en place par Johnnie Allen. Il retourne plusieurs fois en Europe mais après une attaque en 1999, Anderson s'est retiré de la musique. Il décède le 5 octobre 2013 à Natchez.
            Si Ramblin' Hi Harris et Blues Boy Dorsey sont de fort bons représentants du Swamp blues, nul ne sait qui ils sont vraiment. C'est J.D. Miller qui, retrouvant des bandes inédites et ne se souvenant que très vaguement de ceux qu'il avait enregistrés leur a attribué leurs noms de disque! Il est malgré tout probable que Blues Boy soit le chanteur et guitariste Henry Dorsey, un bluesman renommé autour de Rayville (La).
            Quoi qu'il en soit, les oeuvres de Harris, Dorsey ou Anderson démontrent toute la qualité de ce Swamp blues.
                                                                       Gérard HERZHAFT

            As already said, the so-called Swamp Blues style is largely due to the wise hand of producer J.D. Miller.
            Born in Iota (La), May 5th, 1922, J.D. Miller was a Gene Autry's fan
and learned to play the guitar at 8 years old. The Miller Family came to live in Lake Charles in 1933 and then in Crowley. In that very strong musical area (local bands abounded), J.D. became a proficient guitarist and held a radio programme where he sang and played while advertising for local venues and products. He was also a regular member of several bands: Happy Fats' Four Aces with whom he recorded for the Bluebird label, Hackberry Ramblers, Riverside Ramblers. But after a meeting with Western Swing stars Bob Wills and Cliff Burner, J.D. turned to be more and more a jazz, Swing and blues fan. He also finished his studies to be an electrician, rightly thinking that it could help him in his passion for music. Miller, drafted during the war years, came back with war bonds. Then married with Georgia Sonnier, daughter of the famous Cajun accordion player Lee Sonnier, the couple opened their own shop in Crowley: M&S (Miller & Sonnier) Electrical C° that would soon house their famous recording studios.
            Swamp blues n°2 opens with the complete Louisiana recordings of Jimmy Anderson. Born 21 November 1934 at Woodland, Ms, Jimmy spent his childhood in Natchez and learned the harmonica with Papa Lightfoot before falling into the spell of Jimmy Reed's records. While working in Baton Rouge, Jimmy formed his own blues band, The Joy Jumpers with Oscar Hogan on the drums, the son of Silas. This is thanks to Hogan that Anderson came to Crowley to meet J.D. Miller, beginning in 1962 a couple of recording years with some local Hits (Naggin' or Goin' crazy over T.V.). But the late 60's were lean years for the bluesmen, the African American public deserting the blues for other musical genres. When relocating in Natchez, Jimmy gave up the life of a musician for a secure job as a local police officer. But the bug was still there and, as Soul Man Lee, Anderson hosted for two decades a successful radio programme n WNAT. He acted also as a local DJ in several clubs. Rediscovered by Johnnie Allen, Jimmy resumed his stage presence for several successful tours overseas before a severe stroke forced him to retire. He died on 5 October 2013 in Natchez.
            If Ramblin' Hi Harris and Blues Boy Dorsey are very good blues artists, their names were given by J.D. Miller years after they recorded for him. Their music was on tapes with only an "Anonymous" tag and were not issued at that time. Miller remembered them only vaguely. According to recent researches, it seems anyway more than possible that "Blues Boy" is in fact a well known bluesman from Rayville (La), Henry Dorsey.
By far the best book documenting the rich South Louisiana musics
                                                           Gérard HERZHAFT

SWAMP BLUES/ Volume 2
JIMMY ANDERSON, vcl/hca; Eugene Dozier, g; Andrew Taylor, g; Oscar Hogan, dms. Crowley, La. 1962
01. I wanna boogie
02. Angel please
Jimmy Anderson, vcl/hca; Eugene Dozier, g; Andrew Taylor, g; Oscar Hogan, dms. Crowley, La. 1963
03. Naggin!
04. Keep on naggin'
05. Nothing in the world
06. I'm a king bee #1
07. I'm a king bee #2
08. Going through the park
09. In the dark in the park
10. Draft board blues
11. When I play my harp
12. Frankie & Johnnie
Jimmy Anderson, vcl/hca; Al Foreman, g; Bobby Mc Bride, g; Rufus Thibodeaux, bs; Austin Broussard, dms. Crowley, La. 1964
13. Shut your mouth
14. Goin' crazy over T.V.
15. Baby let's burn
16. It's half past midnight
17. I want you I need you
18. Love me babe
Jimmy Anderson, vcl/hca; same band; add: Katie Webster, og. Crowley, La. 1965
19. Ain't gonna let her go
20. Rats & roaches on your mind
BLUES BOY DORSEY (Henry Dorsey), vcl/g; band. Crowley, La. 1962
21. Come here to me #1
22. Come here to me #2
23. Don't do that to me
24. Walking out my door
RAMBLIN' HI HARRIS, vcl/g; band. Crowley, La. 1959
25. Trying to call my baby
26. Early one morning
27. I haven't got a home

dimanche 2 novembre 2014

SWAMP BLUES Volume 1



SWAMP BLUES/ 1


            Un petit tour vers la Louisiane cette fois-ci avec les oeuvres (presque) complètes de trois bluesmen locaux. Rappelons que le terme "Swamp blues" aujourd'hui communément utilisé pour désigner le "down home" blues louisianais a été inventé - sauf erreur - par des critiques britanniques pour remplacer celui utilisé jusqu'alors de Excello Sound qui n'était guère approprié.
            En effet, même si bien de ces disques étaient édités dans les années 1950-60 sur le label Excello, ce dernier était basé à Nashville et ne participait en rien à l'élaboration et à la production de ce blues si particulier. Sans sous-estimer le rôle des musiciens eux-mêmes dans le Swamp blues, sa création est largement l'oeuvre de Jay D. Miller. Il avait installé de
petits studios à Crowley, au coeur d'une région rizicole. Grand amateur de "vrais" blues, notamment ceux de Jimmy Reed et Lightnin' Hopkins, dont le Swamp Blues est un peu la synthèse de leurs deux styles, Miller orientait les musiciens qu'il découvrait dans cette voie, produisait un son minimaliste qu'il adorait mais qui ne plaisait d'ailleurs pas toujours aux musiciens eux-mêmes, fournissait les accompagnateurs (souvent des musiciens Blancs d'origine Cadienne), rajoutait des effets sonores évocateurs et allait même jusqu'à renommer ces artistes de noms tout aussi évocateurs! Miller sortait les disques sous plusieurs de ses petits labels mais, pour élargir ses ventes, il avait signé un contrat de distribution puis de fabrication avec Excello. Il faut souligner que le Swamp Blues n'a pas seulement paru sur Excello et, bien que Miller en ait été le principal concepteur, d'autres labels et producteurs louisianais, d'autres artistes aussi intéressés par le succès commercial de ce Swamp Blues, ont produit des séances de même nature. Enfin, si l'impact de ce Swamp Blues a été modeste aux Etats Unis, il a été absolument énorme en Europe, particulièrement en Grande Bretagne où Stateside sortait dès le début des années 1960 des anthologies regroupant des bluesmen caractéristiques de ce style et qui allaient avoir une énorme influence sur les groupes de rock-blues anglais, des Rolling Stones aux Kinks en passant par les Yardbirds, Moody Blues, Who, Zombies et autres...
            Revenons à ce volume. Le chanteur et guitariste Boogie Jake (Mathew Jacobs), né à Marksville (La) le 2 août 1927 aurait fait ses débuts de guitariste en compagnie de son cousin (Little) Walter Jacobs. Tandis qu'il travaillait en usine à Baton Rouge et qu'il jouait régulièrement dans les clubs de la ville, Jacobs a été contacté par Jay Miller pour qui il a enregistré quelques titres et qui lui donne son nom de scène. Il a ensuite gravé deux 45t pour Joe Banashak dont l'un, repris par le label Chess avec une bien meilleure distribution, connaîtra un petit succès. Après avoir émigré en Californie et plus ou moins abandonné la musique, Boogie Jake a été redécouvert en 1974 par Tom Mazzolini et est apparu à plusieurs festivals locaux, enregistrant même un dernier 45t en 1977 en compagnie de l'harmoniciste Mark Hummel. Il est décédé le 6 décembre 2013 à La Nouvelle Orleans.
            Polka Dot Slim (Monroe Vincent) a suivi un parcours similaire à celui de Boogie Jake. Né à Woodville, Mississippi, le 9 janvier 1919, Vincent est venu s'installer jeune à La Nouvelle Orléans, chantant et jouant harmonica et guitare dans les clubs des quartiers noirs. Lui aussi repéré par Miller, Vincent a enregistré sur plusieurs labels comme Zynn, Excello, Instant et sous divers pseudonymes comme Vince Monroe, Mr Calhoun ou son plus célèbre, Polka Dot Slim. Venu vivre en Californie, Slim a tourné en Europe avec le Mississippi Delta Blues Band de Tom Boyd et joue d'ailleurs de l'harmonica dans le premier volume de cet ensemble. Vincent/ Polka Dot Slim est décédé le 22 juin 1981 à Oakland (Ca).
            Enfin, Sylvester Buckley (ne le 04 juillet 1936 à Washington (La), mort le 15 mai 1995 à St Francisville (La)) est le moins connu de ces trois bluesmen. Il a joué de l'harmonica dans l'orchestre de Silas Hogan, enregistrant avec ce dernier pour Jay Miller et en fin de séance ces trois titres qui ne paraîtront que plusieurs années après.
                                                                       Gérard HERZHAFT

De nombreux lecteurs me demandent comment ils pourraient témoigner de leur reconnaissance pour le travail fourni dans ce blog qui est entièrement gratuit et bénévole. Si je dois répondre: achetez mon dernier ouvrage sur le blues (PORTRAITS EN BLUES) en format Kindle (e-book d'Amazon). Vous pouvez installer le système qui lit ce format sur n'importe quelle tablette ou ordinateur sans problème. Ce faisant, vous allez me permettre de sortir plus tard une édition papier.


            This time, let's go to Louisiana... yesterday of course! With the (almost: one track is unfortunately still missing) complete recording works of three local bluesmen. The term Swamp Blues that qualify today all that kind of blues has been - if I'm right - invented by British blues critics in the late 60's, replacing the inappropriate previous one, "Excello Sound". In fact, even if a large number of those Louisiana records were issued under the Excello logo, the label - based in Nashville - had nothing to do with the music itself.
           
Even if it's not to minimize the part of the bluesmen themselves in the creation of the Swamp Blues, this style has largely been crafted by Jay D. Miller, a producer and owner of a small studio at Crowley (La) in the heart of the rice area. Miller loved the down home blues styles of Jimmy Reed and Lightnin' Hopkins (who were also commercially successful artists) and he mixed the two in his Crowley studios, with sparse backing very often provided by local Cajun musicians (Miller was married to a French Acadian girl), adding some percussion effects, even giving new names to the (somewhat reluctant) bluesmen, and thus creating an unmistakable sound so evocative of the torrid and swampy atmosphere of this subtropical area. At first, Miller issued his productions under his own small labels but seeking wider distribution made a deal with the Nashville-based Excello outfit. Although modest, the commercial success of those records was real, prompting other Louisiana producers and musicians as well to record within the boundaries of this style. But the strongest and unpredictable impact of this so-called Swamp Blues would be upon the burgeoning British blues-rock scene where Stateside issued several anthologies from the Excello blues vaults. In fact, you can find the  very strong Miller influence on almost all of the first recordings by British groups, from The Rolling Stones to the Kinks, Moody Blues, The Who, The Zombies, Yardbirds and such...
            Now to this anthology. Boogie Jake (Matthew Jacobs) was born in Marksville (La) on 2nd August 1927 and would have made his musical beginnings alongside his cousin Walter Jacobs (the famous Little Walter!). While working in Baton Rouge, Jacobs has been in touch with Miller who recorded him and gave him his nom de disque. Boogie Jake has also recorded for the New Orleans producer Joe Banashak, one of the 45t also appearing under the Chess logo for wider distribution. Jake lived for many years in California where he was rediscovered by Tom Mazzolini who persuaded him to resume his musical career. Jake appeared on stage at some West Coast festivals and even recorded a last 45 backed by harp ace Mark Hummel in 1977. He died in New Orleans on 6th December 2013.
            Polka Dot Slim (Monroe Vincent) has followed a similar musical path. Born in Woodville (Ms), 9th January 1919, Vincent came to work and live in New Orleans, playing guitar and harmonica in blues clubs. He came also in contact with Miller and recorded for local labels under several nicknames: Vince Monroe, Mr Calhoun and his most well known, Polka Dot Slim. He also came to California for a living, played there, was a member of the first version of Tom Boyd's Mississippi Delta Blues Band with which he recorded and toured Europe. He died in Oakland (Ca), 22nd, June 1981.
            At last, Sylvester Buckley (born 4th July 1936 in Washington, La - † 15 May 1995 in St Francisville, La) is certainly the least well known of the three. He played and recorded for awhile the harmonica with Silas Hogan, waxing some odd tracks as a leader that wouldn't be issued at that time. He gave up music in the late 60's.
                                                                       Gérard HERZHAFT


SWAMP BLUES Volume 1

BOOGIE JAKE (Matthew Jacobs), vcl/g; Lazy Lester, hca; Katie Webster, pno; Al Foreman, bs; Warren Storm, dms. Crowley, La. 1957
01. Early morning blues
02. I don't know why n°1
03. I don't know why n°2
Boogie Jake, vcl/g; Joe Dardin, pno; Big Bo Melvin, g; Pee Wee Trahan, dms. Baton Rouge, La. juin 1959
04. Bad luck and trouble
05. Early in the morning
Boogie Jake, vcl/g; Joe dardin, pno; Big Bo Melvin, g; Lionel Torrence, t-sax; Pee Wee Trahan, dms. New Orleans, La. 3 mars 1960
06. Chance for your love (If I only had a chance)
07. Loaded down
Boogie Jake, vcl/g; Mark Hummel, hca; Sonny Lane, g; Mississippi Johnny Waters, g; bs; dms. Oakland, Ca. 1977
08. Automobile blues
09. The boogie train
POLKA DOT SLIM (Vince Monroe), vcl/hca; Ernie Holland Orchestra. Crowley, La. 1956
16. Give it up
17. If I had my life to live over
Polka Dot Slim, vcl/hca; Guitar Gable, g; bs: Clarence Etienne, dms. Crowley, La. janvier 1959
18. On the sunny side of love
19. Hello friends Hello pals
20. Hello my friends
Polka Dot Slim, vcl/hca; poss. Lazy Lester, hca; Guitar Gable, g; Katie Webster, pno; Clarence Etienne, dms. Crowley, La. mai 1959
21. I'm ragged and dirty
22. Hey Mattie
23. They call me Mr Calhoun
24. Change your ways
Polka Dot Slim, vcl/hca;Sax Kari, g; band. New Orleans, La. 9-10 septembre 1964
25. Ain't broke ain't hungry
26. A thing you gotta face
Polka Dot Slim, vcl/hca; Robert Hubbard, g; Gerry Dehate, bs; Gerry Henderson, dms. Baton Rouge, La. 1966
27. Trick bag
Go ahead Slim
SYLVESTER BUCKLEY, vcl/hca; Silas Hogan, g; Isaiah Chatman, g; Russell Hayney, dms. Crowley, La. 1962
42. She treats me so evil
43. Mumblin' blues
44. I'm gettin' tired

vendredi 17 octobre 2014

WILEY & FLASH TERRY/ The Real Blues Brothers



WILEY & FLASH TERRY/ The Real Blues Brothers
Third Edition

          
  On peut classer les frères Terry, Wiley et Flash, parmi les grands méconnus du blues. Ils sont pourtant deux remarquables guitaristes qui ont substantiellement enregistré.
            Wiley Terry est surtout réputé pour son single en deux parties Follow the leader, devenu un favori des clubs de danse popcorn, notamment en Europe. Mais on ne savait que très peu de choses sur lui. J'ai eu la chance d'entrer en contact avec sa fille Tamirah Leigh Terry qui m'a très aimablement donné davantage de renseignements sur son père et sa famille de musiciens.
            Wiley , né à Inola, une banlieue de Tulsa (Oklahoma) le 10 septembre 1936, a appris très jeune la guitare en même temps que son frère aîné Flash et a été aussi élevé avec Ted Taylor qu'il considérait comme son "frère" et qui, lui, fera une prolifique carrière de chanteur de Soul Blues. Dans nombre de disques de Ted, notamment dans la première partie de son oeuvre, le guitariste lead est Wiley Terry et ses solos sont souvent tranchants, précis et plein de feeling. Wiley a vécu en Floride, à Los Angeles et en Arizona, enregistrant à chaque fois derrière différents chanteurs et plusieurs instrumentaux sous son nom ou avec l'orchestre de Ted Taylor, avant de s'installer à Chicago en 1964. C'est là qu'il grave ses 45t les plus connus pour USA, les remarquables Follow the leader, Shake it baby, Joker's Wild dance. La maison de Wiley Terry était souvent fréquentée par quantité de bluesmen de Chicago et sa fille se souvient de Howlin' Wolf, Koko Taylor, Willie Mabon, Albert King et bien d'autres... Contacté par James Brown pour faire partie de ses JB's, Wiley a préféré rester à Chicago. Pour des raisons économiques, il a dû ensuite prendre un job de conducteur de poids lourds et a abandonné progressivement la musique. Il est décédé à Chicago le 1er mars 2010.
           
Tamirah pense qu'il a enregistré bien davantage que les quatre singles que nous lui connaissons. Grâce à Steve Wisner, nous avons ici pour la première fois l totalité de ses quatre 45t pour USA, JAB et du label de Tulsa, T-Town enregistré en 1963 ou en 1965 et qui apparaît extrêmement rare!
            Selon Tamirah, Wiley serait aussi le chanteur et guitariste (sa guitare paraît immanquable) des deux titres enregistrés à Los Angeles en 1961 et que le label a attribué à l'inconnu Kid Guitar Thompson, certainement un nom inventé pour la parution des années après d'une séance ensevelie dans les tiroirs! Nous avons inclus ces deux titres qui ne sont en fait que deux prises d'un même morceau.

            Flash Terry (Verbie Gene Terry) est né lui aussi à Inola (Oklahoma) le 17 juin 1934 et a substantiellement enregistré sous son nom à partir de 1958, essentiellement en Californie puis à Tulsa où il est revenu vivre. Il a tourné et enregistré avec Leon Mc Auliffe, Bobby Bland, Bo Diddley, Etta James et bien d'autres avant de, lui aussi, abandonner la musique pour devenir chauffeur d'autocar de la ville de Tulsa. Mais, à sa retraite, il a repris une carrière musicale active, dirigeant un nouveau blues band avec de jeunes musiciens locaux, ce qui lui a permis de tourner en Europe et d'être élu à l'Oklahoma Jazz Hall of Fame. Il est décédé le 18 mars 2003 d'une attaque. Nous présentons ici une partie de ses enregistrements. Là aussi, si quelque lecteur généreux veut nous faire parvenir les nombreux titres manquants, nous les mettrons volontiers en ligne avec les crédits idoines.
           
Enfin, pour terminer ce portrait de Wiley Terry, nous avons inclus quatre titres de son "frère" Ted Taylor dans lesquels il prend de superbes solos.
            Merci encore à Tamirah Leigh Terry pour son aide déterminante. Elle est aussi une excellente chanteuse de R&B, de Gospel et de Jazz, a enregistré en studio mais cherche un producteur et un label.
                                                                       Gérard HERZHAFT

            The blues brothers Wiley and Flash Terry are largely unknown outside some blues circles although they were remarkable guitar players who recorded some first rate music. Thanks to Wiley's daughter Tamirah Leigh Terry that I had the chance to be in contact with I have been able to document more accurately the career and life of her father.
            Wiley Terry's Follow the leader, a two parts semi instrumental is currently enjoying a great reputation in Europe, particularly in the "popcorn" dance clubs. But he has offered much more.
            Wiley Terry was born in Inola (Oklahoma) on September, 10th 1936, learning the guitar at an early age with his elder brother Flash. The famous Soul blues singer, Tulsa born Ted Taylor was also considered as a "brother" by the Terry Family and Wiley will be several years in the studio and on tour with Ted, delivering concise, precise, bluesy and full of feeling guitar solos on many records. Wiley lived in Arizona, Los Angeles, Florida, doing studio work everywhere. Before settling in Chicago permanently in 1964, where he waxed his two most famous 45t for the USA label (Follow the leader I & II, Shake it baby, Joker's wild dance). Tamirah remembers many bluesmen coming to the Terry's home: Howlin' Wolf, Koko Taylor, Willie Mabon, Albert King and many more. Wiley was even approached by James Brown to be a member of the JB's but he turned down the offer. Unfortunately, he had to give up his musical career and make a living as a truck driver. He died in Chicago on March, 1st 2010.         
Tamirah thinks her father recorded much more than the four singles that we know from him. Thanks to the generosity of Steve Wisner, we have been able to include the 8 sides Wiley recorded for the USA, Jab and the Tulsa based label T-Town...  On the other hand, here is a track (with two takes named differently) that was probably recorded by Wiley in LA in 1961 but issued only years after under the odd nom de disque Kid Guitar Thompson.
            The better known Wiley's elder brother Flash Terry (Verbie Gene Terry) was also born in Inola (Ok) on June, 17th 1934. He made many records under his name and behind others, touring and recording with Bobby Bland, Etta James, Bo Diddley, even Western Swing's veteran Leon Mc Auliffe and many others... He enjoyed some Hits but he too had to gave up music for years and make a more secure living as a bus driver in his hometown of Tulsa. When retired, Flash resumed his musical career, formed a new band with local youngsters, toured Europe and was even elected at the Oklahoma Jazz Hall of Fame. He died from a stroke in Tulsa on March, 18th 2003. We have included here some of his wonderful recordings. Once again, if any of you owns the remainder and would be willing to share, a .mp3 copy would be greatly appreciated.
            To round off this post, I have included four titles by the other "brother", Ted Taylor in which Wiley's expressive bluesy guitar is prominently featured.
            Thanks again to Tamirah Leigh Terry for her essential help. She is herself an excellent composer and singer who made some studio recordings and who is currently looking for some label and producer.
                                                           Gérard HERZHAFT



WILEY & FLASH TERRY/ Discography


WILEY TERRY, vcl/g: band. Chicago, Ill. 1964
01. Follow the leader I & II
Wiley Terry, vcl/g; band. Chicago, Ill; late 1964
02. Shake it baby
03. Joker wild dance
Wiley Terry, g; band. Los Angeles, Ca.. mars 1963 or 1965
04. The Stroll is back
05. The Upslide
Wiley Terry (as Wyley Joe Terry and his Four Bells), vcl:g; band; vcls. Tulsa, Ok. ? or Chicago, Ill.  novembre 1965
06. Whoopshank (T-Town 112)
07. What's the matter baby (T-Town 112)
BOB STARR, vcl; Wiley Terry, g; horns; Leroy Spells, bs; pno; dms. Los Angeles, Ca. octobre 1962
08. Can't waste my time on you
KID GUITAR THOMPSON (prob. Wiley Terry), vcl/g; The Scooters, band. Los Angeles, Ca. 1961
09. My baby done me wrong
10. Whammy in the Gizzmo
FLASH TERRY (Verbie Gene Terry), vcl/g; Floyd Dixon, pno; Billy Hadnott, bs; dms. Los Angeles, Ca. 1958
11. One thing we know
12. On my way back home
Flash Terry, vcl/g; band. Tampa, Fl. 1959
13. She's my baby
It's all over now
Flash Terry, vcl/g; band. Tulsa, Ok. février 1961
I was a fool
Come back baby
Big Betty
Flash Terry, vcl/g; Johnny Carroll, t-sax; Matthew Daniels, t-sax; Wesley Berry, pno; Charles Burton, bs; David Beard, dms. Tulsa, Ok. octobre 1961
Her name is Lou
14. Cool it
Flash Terry, vcl/g; g; horns; pno; bs; dms. Tulsa, Ok. 1980's?
15. Ooh baby
16. Do you like my stuff
Wailin' on sticks and stones
I'm your man
17. She's my baby n°2
TED TAYLOR, vcl; Wiley Terry, g; band. Los Angeles, Ca. avril-septembre 1961
18. She's a winner
19. That happy day
20. I don't care
Ted Taylor, vcl; Wiley Terry, g; band. Chicago, Ill. 17 mai 1962
21. Can't take no more





mercredi 1 octobre 2014

CHICAGO/ The Blues Yesterday Volume 12



CHICAGO/ The Blues Yesterday Volume 12

           
Ouvrons ce nouvel opus de la série "Chicago/ The blues yesterday" avec Blue Smitty (Claude Smith), né le 10 novembre 1924 à Marianna (Arkansas). Il apprend à jouer de la guitare vers 1938 sous l'influence des disques de Arthur Crudup et Tampa Red mais développe un style plus fluide, jazzy et complexe en fréquentant des guitaristes de jazz tandis qu'il était incorporé à Alexandria (La). Il apprend même à lire la musique. Il s'installe à Chicago en 1947 et joue autant dans les clubs de jazz à la manière de Charlie Christian et Oscar Moore qu'en compagnie de bluesmen comme Jimmy Rogers ou son compatriote Floyd Jones. En 1952, il auditionne pour Chess et enregistre les seuls quatre titres que nous connaissons. Toutes ses qualités de guitariste moderne sont en valeur sur ces morceaux. Il continuera à se produire une bonne décennie dans les clubs de l'Illinois mais n'enregistrera plus. Il sera retrouvé et interviewé par Jim O'Neal et George Paulus mais ne désire plus reprendre une carrière musicale. Il décède le 5 mai 2009 à Herrin (Illinois)
           
Poor Bob Woodfork, originaire lui aussi de l'Arkansas (il est né à Lake Village le 13 mars 1925) a enregistré et joué avec de grands noms du Chicago blues comme Jimmy Rogers, Howlin' Wolf, George Smith, Otis Rush mais n'a sous son nom gravé qu'une séance mémorable en juin 1965 en compagnie de Buddy Guy, Mighty Joe Young et Willie Dixon qui produisait l'ensemble. Woodfork a abandonné la musique la décennie suivante et est mort à Chicago le 10 juin 1988.
            Les amateurs de blues connaissent le saxophoniste, pianiste et chef d'orchestre Menard Rogers (4 février 1929 à Duncan (Ms) - 16 décembre 2006 à Chicago) essentiellement pour avoir constitué l'ossature du blues band de Johnny Littlejohn, notamment dans le
remarquable LP Arhoolie de 1968. Autour de ces années, Menard (peut-être avec Johnny à la guitare) a aussi enregistré une série de 45t qui ont été quelque peu négligés mais qui sont néanmoins de bonne facture et que nous proposons ici. Menard a aussi gravé un LP très rare en 1981 que notre ami Xyros a réussi à dénicher.

                                                                       Gérard HERZHAFT

            Blue Smitty opens this 12th volume of our ever popular "Chicago/The blues Yesterday" series. Smitty born Claude Smith on November, 10th 1924 in Marianna (Arkansas) learned to play blues guitar with the records of Arthur Crudup and Tampa Red but began to switch towards jazz when drafted during the war years. He befriended with several jazz guitarists who showed him how to play like Charlie Christian or Floyd Smith. When he settled in Chicago around 1947, Smitty began to play in blues and jazz clubs altogether. When he auditioned for Chess in 1952, he recorded four blues with a much jazzier and modern touch than the usual Chicago's blues sessions of this time. He recorded unfortunately only four excellent titles. After he went to live in Joliet, Smitty played during the 1950's and 60's in many Illinois towns. He was rediscovered and interviewed in length by the indefatigable Jim O'Neal and George Paulus but he wasn't interested to restart a musical career. Smitty died in Herrin (Illinois) on May, 5th 2009.
            Poor Bob Woodfork hailed also from Lake Village, Arkansas where he was born on March 13th, 1925. He recorded and played with many major Chicago blues acts like Howlin' Wolf, Jimmy Rogers, George Smith or Otis Rush but he recorded only one session as a leader. A great moment anyway produced by Willie Dixon and featuring his soulful vocals backed by the stinging guitars of Buddy Guy and Mighty Joe Young. Despite great hopes to record again and tour Europe, Woodfork did not and died in Chicago on June 10th, 1988.
            The blues buffs know saxophonist, pianist and bandleader Menard Rogers (born in Duncan, Ms on February 4th, 1929 - † on December 16th, 2006 in Chicago, Ill) for backing Johnny Littlejohn on his 1968 Arhoolie LP masterpiece. But Menard and his band (probably featuring Littlejohn) also recorded a handful of good 45s under his name largely unreissued. We are featuring here some of his most blues oriented tracks. Menard also recorded a full LP (and hard to find) in 1981 but that our friend Xyros is so generously sharing.
                                                           Gérard HERZHAFT



CHICAGO/ The Blues Yesterday
Volume 12
BLUE SMITTY (Claude Smith), vcl/g; Malron Jeff, pno; Bob Stewart, bs; Ike Smith, dms. Chicago, Ill. 11 juillet 1952
01. Crying
02. Sad story
03. Elgin movements
04. Date bait
POOR BOB WOODFORK, vcl/g; Henry Gray, pno; Buddy Guy, g; Mighty Joe Young, g; Willie Dixon, bs; Clifton James, dms. Chicago, Ill. 25 juin 1965
05. Ain't got a lousy dime
06. Lousy dime
07. The sun is rising!
08. I won't be happy
09. I wanna school you pretty baby
MENARD ROGERS, vcl/t-sax/pno; Douglas Fagan, t-sax; Allan Batts, og; Jesse Williams, g; poss. Johnny Littlejohn, g; Aron Burton, bs; Herbert White, dms. Chicago, Ill. 1968-72
10. How sweet it is
11. To be in love with someone
12. Ain't nothing but a titty
13. Good food, I am for you
14. I found someone to love me



jeudi 11 septembre 2014

DRIFTING SLIM/ ELMON MICKLE





DRIFTIN' SLIM/ ELMON MICKLE: Driftin' from Arkansas to California

         
   Aujourd'hui bien oublié sauf des habituels cercles d'amateurs de blues, Driftin' Slim nous laisse cependant une oeuvre relativement étoffée et de grande qualité.
            Né Elmon Mickle à Keo dans l'Arkansas le 24 février 1919, il a appris très jeune la guitare et l'harmonica, favorisant surtout ce dernier instrument sous l'influence de John Lee "Sonny Boy" Williamson qu'il rencontre à plusieurs reprises, qui lui montre comment souffler dans un harmonica et qui restera d'ailleurs son maître tout au long de sa carrière et dont il reprendra nombre de compositions.
            Installé à Little Rock, Elmon joue avec les bluesmen locaux comme Robert Nighthawk, Rice Miller tout en travaillant aux chemins de fer de l'Arkansas. Il participe aussi à plusieurs émissions de radio, notamment avec les excellents harmonicistes de Country Music Lonnie Glosson et Wayne Raney dont il s'inspirera aussi.
            En 1952, Mickle forme son propre blues band local avec Junior Brooks, Baby Face Turner et Sunny Blair. Chargé par Joe Bihari et Sam Phillips de trouver des bluesmen de talent, c'est le tout jeune Ike Turner qui débusque Mickle et le fait enregistrer sous le nom bien plus évocateur de Drifting Slim. Les disques semblent s'être vendus modérément mais permettent cependant à Elmon d'élargir son audience et de se produire un peu partout dans le Sud. Pour avoir de meilleures conditions de vie et de travail, Mickle s'installe à Los Angeles en 1957
            Là, il enregistre sporadiquement sous son nom ou celui de T-Model Slim, en particulier une version de Flat foot Sam de T.V. Slim qui a un certain succès local. Mais pour l'essentiel, il grave des 45t pour de petits labels locaux, parfois sa propre compagnie fondée avec son amie Ernie Pruitt. Pour des raisons économiques, Slim joue essentiellement en solo, s'accompagnant lui-même à la guitare, à l'harmonica et à la batterie actionnée par les pieds et ne se produit guère que dans des réunions privées.
            C'est grâce à la ténacité de Bruce Bromberg, Henry Vestine, Bob Hite (des Canned Heat) ainsi que de Frank Scott que Elmon Mickle/ T-Model Slim/ Driftin' Slim est retrouvé, un peu abasourdi de l'intérêt que lui portent ces jeunes gens blancs.
            Mais cette "redécouverte" lui permet de relancer sa carrière, de se produire sur scène et d'enregistrer un album entier pour le producteur Pete Welding. Plusieurs projets afin de le faire tourner en Europe sont échafaudés mais atteint d'un cancer, Elmon Mickle doit y renoncer et décède le 17 septembre 1977 à Los Angeles.
            Nous avons réuni ici la quasi-totalité des excellents enregistrements réalisés par Slim-Mickle sous ses différents pseudonymes, à l'exception de trois titres (en rouge dans la discographie)... Si quelque lecteur les possède, une copie serait grandement appréciée.
            Cet article s'appuie largement sur celui de Frank Scott paru dans le n° 40 de Blues Unlimited (janvier 1967)
                                                           Gérard HERZHAFT
De nombreux lecteurs me demandent comment ils pourraient témoigner de leur reconnaissance pour le travail fourni dans ce blog qui est entièrement gratuit et bénévole. Si je dois répondre: achetez mon dernier ouvrage sur le blues (PORTRAITS EN BLUES) en format Kindle (e-book d'Amazon). Vous pouvez installer le système qui lit ce format sur n'importe quelle tablette ou ordinateur sans problème. Ce faisant, vous allez me permettre de sortir plus tard une édition papier.

            A little bit forgotten today outside the usual blues buffs, Driftin' Slim leaves anyway a substantial enough recording works and certainly one of a high blues quality.
            Born Elmon Mickle on February, 24th 1919, he learned at a young age the guitar and the harmonica, his main instrument, under the very strong influence of John Lee "Sonny Boy" Williamson whom he met several times. This influence is particularly prevalent in his playing and his repertoire (many titles come from Sonny Boy's songbook).
            Living in Little Rock and working for the local railroad company, Elmon formed his own blues band with such great musicians like Junior Brooks, Baby Face Turner, Sunny Blair... and appeared quite often in local radio programmes, sometime alongside Country Music harp masters Lonnie Glosson and Wayne Raney.
Little Rock, 1940's
            In 1952, Ike Turner, then a young talent scout for Joe Bihari and Sam Phillips went to Little Rock and decided to record Mickle, giving him the nickname Driftin' Slim. The records have gained a worldwide reputation today but at that time they went almost nowhere and Mickle/ Slim moved to California in 1957, seeking better paid job opportunities.
            There he will record sporadically for small outfits, sometimes his own and very often paying himself the studio fares and under different names like his own and T-Model Slim. One title, Flatfoot Sam that he borrowed from T.V. Slim enjoyed a small local airplay. But for the most part Mickle played for private parties and rarely appeared in clubs. And for economical reasons, he performed mostly as a one-man band, playing harp with a rack, guitar and a kit drums with his feet.
            It will take the interest of a bunch of young local blues fans, Henry Vestine and Bob Hite (from the blues-rock band Canned Heat), Bruce Bromberg and Frank Scott for Elmon to be "rediscovered" in 1966. He then appeared in several venues, recorded a whole album for Pete Welding. He had to tour Europe but a bad cancer prevented him to be able to do so. He died in Los Angeles on September 17th, 1977.
            We have gathered here (thanks to all who shared their records for that purpose) almost all his recording works. Three titles (in red in the discography) are still missing. Any copy would be strongly appreciated and would receive full credits.
            This article is largely based upon Frank Scott's excellent rendition of Slim career (Blues Unlimited n°40/ January 1967)
                                                           Gérard HERZHAFT
Sorry but there was a mistaken track: 01. My little machine is in fact now:
41A. My little machine, a later version of the same title
The first version now is here:
01. My little machine
A lot of thanks to Marc (Fr) for correcting my mistake.

DRIFTING SLIM (Elmon Mickle)
Complete Recordings
(as: Drifting Slim, Harmonica Harry, T-Model Slim, Elmon Mickle)
Drifting Slim, vcl/hca; Junior Brooks, g; Baby Face Turner, g; Bill Russell, dms. Little Rock, Ark. novembre 1951
01. My little machine
02. Down South blues
Drifting Slim, vcl/hca; Sunny Blair, hca; Ike Turner, pno; Baby Face Turner, g; Bill Russell, dms. Little Rock, Ark. mars 1952
03. Good morning baby (blues)
04. My sweet woman
05. Shout sister shout
06. You're an old Lady
07. I feel so good
Drifting Slim, vcl/hca; Phillip Walker, g; Bobby Tinsley, dms. Los Angeles, Ca. novembre 1959
08. Flat foot Sam
09. I got to get some money
10. Lonesome highway
11. Jackson blues
Drifting Slim, vcl/hca/g; Ernie Pruitt, vcl; dms. Los Angeles, Ca. 1960
12. Whatever you're doing, keep on doing to me
13. Short'n'fat
Drifting Slim, hca; Ernie Pruitt, vcl; band. Los Angeles, Ca. 1962
Nothing but the blues (Independant walk) although frequently credited to Slim is in fact by AC-DC Current Swingers
14. Short and fat
Drifting Slim, vcl/hca; Jack Wall, g; bs; dms. Los Angeles, Ca. 1966
15. Shake your boogie
16. Good morning little schoolgirl
17. Jackson, Tennessee
18. T-Model Ford
19. Burnt out
Drifting Slim, vcl/hca; Philip Walker, g; Adolph Jacobs, g; bs; Jesse Price, dms. Los Angeles, mai 1966
20. Somebody voodooed the hoodoo man
21. You're growing old Lady
Drifting Slim, vcl/hca; Little Boyd, hca; poss; Philip Walker, g; Ken Walk, g; bs; Jesse Price, dms. Los Angeles, Ca. juin 1966
22. Short and Fat
23. Woman's the glory of a man
24. 15 years my love was in vain
25. Take my hand
26. Flat Foot Sam always in a jam I
27. Flat Foot Sam always in a jam II
28. Oh baby
29. Sit there mama
30. Sir C Lee
31. Black gal
32. Whose mule is that in my stable?
Drifting Slim, vcl/hca/g/dms. Los Angeles, Ca. 3 décembre 1966
33. Jonah
34. How many more years?
35. Mama blues
36. I'm hunting somebody
37. Standing around crying
38. Jack o'Diamonds
39. This world is none of my home
40. A drip of snuff and a narrow escape
41. Till I got sixteen
41A. My little machine
Drifting Slim, vcl/hca. Los Angeles, Ca. 13 janvier 1967
42. Slow train to Arkansas
43. T-Model and the train
Drifting Slim, vcl/hca; Jack Wall, g; Ike Parker, bs; Guy Jones, dms. Los Angeles, Ca. 26 juin 1967
44. Jackson blues (Jackson, Tennessee)
45. Hoodoo man blues
46. Give an account
47. Mama don't tear my clothes
48. Christine blues
Drifting Slim, vcl/hca; J.D. Nicholson, pno; Buddy Reed, g; Greg Schaefer, g; Jerry Smith, bs; Dick Innes, dms. Los Angeles, Ca. 16 novembre 1969
Don't start me to talkin' (unissued)